On passe la porte de chez soi après une absence plus ou moins longue et on se rend compte que rien n'a bougé, que tout est en place, dans l'ordre de choses. On regarde par la fenêtre et on se dit que derrière nos bonnes vieilles montagnes, il y a des gens qui pensent à nous, des gens à qui l'on manque, des gens qui nous attendent. La nostalgie finit par enserrer la gorge, elle nous fait croire que notre place n'est pas ici, que l'on est passé à côté de moments forts, qu'on en a pas suffisamment profiter. Elle fait défiler les images de ses moments tout proches, mais aussi des plus anciens qui remontent à la surface.
Ils semblent loins ces jours où l'euphorie paraissait toucher tout le monde autour. Vous savez ces moment où vous êtes tellement heureux, où vous sentez tellement bien, que vous avez l'impression de quitter votre corps et de planer au dessus de vous même -sans prise de substances illicites, ça s'entend - ... Pourtant je sais qu'ils sont là. A bout de bras. Ils sont derière. Ils sont devant. Il faudra sauter assez haut pour les atteindre.
Il peut parfois suffir d'un sourire, d'un choc, d'une rencontre, d'une couverture qui gratte, d'un album photo, d'une phrase sur un morceau de papier, d'un voyage, de deux trois larmes, d'une odeur, d'un bisou, d'un coup de pied au cul, d'un regard ou d'un rien pour faire la vidange de ses souvenirs, des bons comme des mauvais. Passer à autre chose, grâce a ses milliers de riens qui nous rendent nostalgiques qui s'échappent. Penser à autre chose, ou plutôt faire semblant de ne pas y penser.Laisser couler l'encre et tourner enfin sa page...


